Que je devenais sauvage : Mon corps dévêtu, mon âme ingénue, Béaient à tous les outrages. Le flot purpurin du sang des humains S'élevait en vagues tièdes Jusqu'à recouvrir, tel un long soupir, Mon pénis, ô combien raide ! Des cuisses de jais, des seins se tendaient, Que mes dents, avec délice, Baisaient et léchaient, mordaient et mangeaient, Sans fard ni autre artifice. Seul, en pâmoison au coeur des toisons Dont l'odeur est une extase, Je sentis l'humeur de ma propre fleur Jaillir en précieuses phrases : Souffle débridé, voix mal assurée, Sur mes lèvres polissonnes Naquirent des vers, aigus et pervers : Une invocation cochonne ! Fort heureusement, la torpeur aidant, Personne ne put comprendre L'immense secret que je dévoilais Aux oreilles trop tendres. Lorsque le soleil aida mon éveil En rougissant mes paupières Un sperme subtil baignait mon nombril Le cernant de pâle lierre... S'il vous plait, respectez le © copyright Philippe Gimet 1994... |