Titan Pythien
Terre cuite ; H. 16 cm. IIIe S. Av. JC.
Prov. : fouilles d'Aphrodisias. (ref. A.92121)

Découvert en 1919 dans le manteion du temple de Cronos à Aphrodisias, ce guerrier musculeux a longtemps orné la table de travail du maréchal Rommel avant qu'un officier allié ne le subtilisât lors de la prise de Berlin en 1945 pour le vendre à Genève au cours de cette même année. Le titan est représenté dans une posture barbare, la tête renversée en un cri de joie sauvage ; son poing droit soulève par les orbites l'un des cinquante chefs d'un hécatonchire que sa main gauche - disparue - vient probablement de décapiter au cours de la lutte mythique de Zeus contre papa. La présence du dieu serpent Python aux pieds de notre héros a permis au professeur Temig, de l'Institut Français d'Antioche, de voir dans cette statuette la représentation de Japet, ennemi puis allié du roi de l'Olympe avant la chute des titanides dans le Tartare. Anciennement ithyphalle autant que microcéphale, cette divinité originelle symbolisant la guerre et la soldatesque dans toute sa crudité prend appui sur un bouclier solaire que recouvre partiellement un lourd drapé de facture plus conventionnelle. Des traces de liqueurs humaines, relevées notamment à la cuisse et au bras droit, laissent supposer que cette figure a pu faire l'objet d'une utilisation cultuelle à des fins magiques, peut-être lors des conflits mystérieux et sanglants qui opposèrent Aphrodisias aux métropoles voisines durant de nombreux siècles jusqu'à sa conquête par l'empereur Auguste, l'an 1 de notre ère.




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