Sur les contreforts des Andes, le long de la route qui domine l'océan aux abords de certains villages, on peut apercevoir de rudimentaires arènes de bois blanchies par le soleil, lointains héritages de la conquête espagnole, où les paysans viennent, une fois par an, faire la démonstration de leur courage et exhiber leurs plus beaux animaux. Ici, en effet, point de corrida sanglante, divertissement réservé aux riches propriétaires, mais une célébration à la fois joyeuse et désespérée comme seuls en sont capables les peuples soumis trop longtemps à la misère. La fête est religieuse, bien évidemment, et c'est en l'honneur d'un saint local que l'on tire du canon, chargé ad nauseam de paillettes d'encens que les femmes achètent au curé, cependant que les bêtes, en paisibles boucs émissaires, subissent la vengeance des péones durant d'interminables heures, avant que la foule, enfin lasse d'odeurs et de bruit, enivrée de mauvaise tequila, déserte les gradins...


S'il vous plait, respectez le © copyright Philippe Gimet 1997...


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