Figurine magique
Terre cuite ; H. 19 cm. IXe S. Av. JC.
Prov. : fouilles d'Aphrodisias (ref. A.9313)
Cet objet monstrueux, qui sema un effroi aisément concevable lors de sa découverte au tournant du siècle, fut presque immédiatement cédé pour études à l'abbé irlandais Isaureen dont les travaux paléo-ethnologiques en matière de sorcellerie faisaient alors autorité. La communication qu'il donna à l'Académie Royale des Sciences le 20 août 1903 reste la seule source officielle dont nous disposions, les élucubrations ultérieures retrouvées dans les notes du malheureux abbé - disparu mystérieusement lors d'un séjour en France - n'ayant reçu aucun aval de la docte assemblée. Il faut donc croire que la présente statuette, sans doute Sémélé pétrifiée par la contemplation de Zeus en majesté et à qui le dieu vient de ravir Dionysos, constituait une espèce de support magique à l'usage des prêtres ou des sorciers, et que les scarifications innombrables défigurant la jeune fille donnaient aux officiants un embryon de réponse au cours de cérémonies aussi absconses que barbares. Isaureen a prétendu plus tard avoir déchiffré ce qu'il appelait une écriture paléo-ésotérique liée au culte de la théogamie, suggérant même que l'odieuse blessure amputant Sémélé symbolisait l'infini cosmogonique ! Un ethnologue successeur de l'abbé a observé que les parties laissées intactes par l'odieux scalpel païen portaient des traces de manipulation, preuves, selon lui, d'un usage plutôt cultuel, notamment pour des offrandes précieuses que le fidèle plaçait entre les mains de la jeune femme, le prêtre tenant la tête par la coiffure. Nous renvoyons les curieux aux nombreux ouvrages que ces deux chercheurs ont fait paraître sur le sujet, tant en France qu'en Irlande, les spécialistes actuels refusant hélas de s'impliquer dans la controverse.
RETOUR / BACK /