Princesse Barbare
Terre cuite ; H. 21 cm. IIe S. Ap. JC.
Prov. : fouilles d'Aphrodisias. (ref. A.9302)
Cette Vénus aux formes vigoureuses et aux seins lourds, découverte en mars 1902 dans un tombeau royal d'Aphrodisias, fut aussitôt surnommée Frida par les ouvriers du chantier de fouilles, en hommage à l'épouse de leur employeur, August Von Achermarch, laquelle possédait en outre une chevelure comparable par sa beauté à celle de la présente statuette. On a beaucoup glosé sur le curieux pendentif que la créature semble nouer autour de son cou : simple ornement pour certains, trophée épouvantable pour d'autres, survivance coutumière enfin, pour le professeur Temig de l'Institut Français d'Antioche, qui privilégie pour sa part la thèse, reprise depuis par la majorité de ses collègues, du portrait atypique d'une princesse septentrionale ayant, libre ou esclave, épousé un dignitaire Séleucide dont l'histoire n'a pas encore dévoilé le nom, l'hypogée où cette terre cuite fut découverte datant d'une période postérieure. Il est probable, eu égard à la rareté de semblables épousailles, qu'une telle sculpture a du faire en son temps l'objet de nombreuses copies d'après un original en marbre aujourd'hui disparu, et que notre princesse, telle la fameuse Héraxia, fut à ce point adorée que son souvenir accompagna jusqu'aux défunts en leur ultime séjour. Quasi-Vénus préhistorique, elle évoque mère et amante ; jeune fille à la fois timide et arrogante, elle parait attendre une mâle sollicitation qui la ferait se décider ; vestale, bacchante, érinye autant que muse, le concept de barbarie vers lequel elle guide nos sens ne rejoint-il pas l'acception antique du terme ?
RETOUR / BACK /