Buste de Phobétor
Terre cuite ; H. 20 cm. VIe S. Av. JC.
Prov. : fouilles d'Aphrodisias. (ref. A.9208)

Cette statuette d'un fils bien-aimé de Morphée, dont le professeur Von Achermarch raconte qu'il présidait aux songes érotiques, ne fut reconstituée que fort récemment, après que les divers musées et collections privées en détenant les fragments eurent répondu favorablement au voeu de M. Gimet-Charraix d'en financer la restauration. Les ruines d'Aphrodisias sont en effet dominées par une très ancienne décharge au sein de laquelle les missions archéologiques ont récolté autant de trésors que de tessons épars qu'elles se sont évidemment gardé avec soin de communiquer aux équipes concurrentes. Combien d'oeuvres précieuses dorment encore en un sommeil fragmentaire dans l'anonymat de pauvres vitrines ou de sombres réserves ! Ainsi, la tête de notre Phobétor reste-t-elle toujours prisonnière de l'avarice d'un amateur à moins qu'elle n'ait succombé au hasard des siècles. Tel qu'il se présente désormais au regard, ce dieu intime le silence de la main droite cependant que sa gauche, don du professeur Temig de l'Institut Français d'Antioche, ferme le poing sur un symbole à jamais disparu. Quelques traces d'émail subsistent autour de la ceinture retenant un lourd drapé où pointe le phallus énorme de la divinité. L'absence de jambes n'étonnera guère ceux à qui la mythologie somniale a déjà révélé le secret du déplacement silencieux de Morphée...




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