Mourir en se jetant des hauteurs lumineuses du pont de Golden-gate, mourir poignardé dans le dos par un ennemi aimé, mourir avec lenteur sous un pendule chinois, dans le silence humide des geôles, mourir déchiqueté par le sourire d'un crocodile, cisaillé par un requin, rongé par les murènes, au fond d'une piscine en marbre bleu, sous le regard cruel et fardé de romains en décadence, mourir au soleil d'Afrique parmi des fauves au pelage si chaud, mourir noyé dans l'eau, l'alcool, le thé, ou mourir, au contraire, d'avoir trop soif, desséché, la bouche emplie de sable rose, mourir vidé de son sang dans une ivresse douceâtre et bourdonnante, mourir comme ces saints-martyrs des premiers siècles, vêtu de blanc, les yeux baignés de larmes révulsés par l'extase, mourir fou, abattu avec soulagement par la police, mourir emmuré telle une vestale, mourir étouffé, à la manière des califes déchus, sous des coussins de soie, mourir étranglé discrètement, étripé avec art, écrasé au marteau pilon, fondu dans l'acier volcanique d'un haut-fourneau, la bouche envahie d'or, mourir en flammes devant un fleuve indifférent, mourir au bout du monde, découpé, cuit et mangé par des sauvages coiffés de plumes multicolores, mourir réfrigéré dans le cocon des neiges éternelles...
S'il vous plait, respectez le © copyright Philippe Gimet 1995...
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