Sur la verdure tendre d'une enluminure est allongé un écuyer. Le bras doucement replié sous l'oreille, il sourit à son rêve. Deux chevaux paissent avec application autour d'un arbre. La couleur de leur robe participe des rayons du soleil, boule incandescente qui semble vouloir se noyer entre les herbes du pré. L'instant est loin, cependant, d'être aussi tranquille qu'on le pourrait supposer: à quelques pas du dormeur, un jeune seigneur en armure noire a découvert la Fontaine Périlleuse. Bien sûr, il ignore encore que cet édicule d'hématite contient plus que de l'eau. Laissant tomber de ses mains le récipient doré qu'il avait saisi pour étancher sa soif, l'adolescent à remarqué les signes gravés dans la pierre. Une moue interrogative se dessine sur son visage. Il ne va visiblement pas déranger son compagnon: ce serait là faire preuve d'une bien indélicate ignorance. Lentement, donc, il déchiffre ce message dont on sait qu'il lui est d'autant plus intime qu'il est cruellement illisible pour le spectateur. On tremble en attendant, apparue d'on ne sait où, l'ombre du Chevalier-sans-âme, épouvantable adversaire qu'il va falloir combattre et terrasser avant de pouvoir reprendre la route. Heureusement, l'écuyer dort d'un songe si paisible qu'on se sent rassuré et qu'on tourne la page...
S'il vous plait, respectez le © copyright Philippe Gimet 1995...
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