On accède au bâtiment par un chemin cahoteux qui suit la falaise de basalte. Au premier abord on se demande comment des blocs aussi énormes ont pu être acheminés jusqu'aux lieux de la construction mais la cohérence sombre du paysage impose rapidement cette certitude que la falaise elle-même a généré, en quelque sorte, l'architecture régulière qui s'offre au regard. On descend un peu abruptement sur une étroite passerelle avant qu'une ouverture soit visible dans l'épaisseur des murs. Sitôt le seuil franchi, la pierre devient claire comme si elle contenait du jour. Un péristyle délicat surplombe l'océan. L'odeur entêtante de l'iode rend perceptible le ressac duveteux qui s'ourle en contrebas. Le sol est recouvert d'un parquet de charme taché par endroits de fines auréoles salines: aux soirs de tempête les vagues doivent s'accrocher, non sans tendresse, aux fines colonnes torses de ce cloître ouvert tout grand sur les éléments. Des mouettes se disputent bruyamment un poisson dans un éclair argenté. Une autre salle à piliers de bois s'étend dans les profondeurs de la bâtisse. Assis sur des tatamis, les pieds nus, on attend que d'autres portes s'ouvrent ou qu'une invitation soit lancée. En caressant ses cheveux on abandonne pensivement la conversation...


S'il vous plait, respectez le © copyright Philippe Gimet 1995...


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