Centaure Ivre
Terre cuite ; H. 16 cm. Ve S. Av. JC.
Prov. : fouilles d'Aphrodisias (ref. A.9309)

Ce n'est probablement pas au cours de la lutte des siens contre les Lapithes que notre centaure a perdu ses pattes mais plutôt lors d'une chute très ancienne à laquelle a succédé l'incendie de l'endroit où il se trouvait, peut-être au cours du IIe siècle avant notre ère, hypothèse corroborée par sa découverte sous les ruines du palais d'Archaxir XII Oxyote par un membre de la mission Achermarch, le professeur Zechnas, spécialiste de la lignée d'Ixion, qui a conjecturé que cette très belle pièce pouvait appartenir à un groupe plus important consacré aux noces de Pirithoos, dispersé au cours des siècles ou non encore exhumé. Le personnage est ici figuré dans une posture presque instable, la tête renversée en un rictus d'ivrogne, un doigt dans la bouche comme pour provoquer le vomissement et la main gauche étirant le sexe ou son prépuce jusqu'à le distordre. Mais la particularité la plus remarquable de cette créature demeure sans conteste qu'elle est pourvue de deux organes virils, détail dont l'importance dénote un grand souci logique chez l'artiste antique, synonyme, en pareil cas, de matérialisme athée, ou du moins d'un désir à peine voilé de faire adhérer les dieux à un certain cartésianisme. Le professeur Zechnas a d'ailleurs avancé qu'une semblable démarche, unique à sa connaissance, n'était pas sans augurer la fameuse chute des dieux et la mort du grand Pan quelques siècles plus tard. Les héritiers du Concile de Nicée trouveraient ici matière à réflexion mais, comme dit le conte, ceci est une autre histoire...




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