Asmodée au sourire
Terre cuite ; H. 20 cm.Ier S. Ap. JC.
Prov. : fouilles d'Aphrodisias. (ref. A.9307)
Cette statuette, aussi libre qu'élégante selon les propos du catalogue Sotheby's sur lequel elle parut à la vente en juin 1954, témoigne des premiers sursauts conservatoires du paganisme face aux sectes chrétiennes dont le prosélytisme envahissant nécessitait apparemment qu'on lui répondît, non sans humour d'ailleurs, comme le montre la facture délicate et sensible de notre génie des voluptés charnelles, saisi à l'instant même où son pied touche le sol de quelque chambre dans laquelle une belle endormie fait un songe qui ne saurait tarder à se révéler brûlant sous les ailes caressantes du visiteur, le sourire aux lèvres et comme un souvenir oriental derrière le regard, le sexe collé au ventre, bien davantage par l'effet de la décélération que d'une lubricité que réfute, malgré une certaine équivoque, la douceur tutélaire affirmée sur les traits du visage. L'objet, découvert clandestinement, selon toute probabilité au cours de la seconde guerre mondiale, parait avoir traversé les âges sans pâtir outre mesure de la folie des hommes: seuls l'index gauche et ce qui pourrait passer pour un stigmate au pied droit entament, sans dommage véritable, l'unité de cette pièce émouvante et gracieuse dont on imagine fort aisément qu'elle a pu séduire et veiller sur plusieurs générations d'amantes aphrodisiennes avant que le nouveau dogme ne vînt interrompre un dialogue trop doux...
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